Visite de l’Ambassadeur à Lalibela pour la célébration de Timkat (19-21 jan) [en]

La France soutient depuis 2019 un projet patrimonial ambitieux ayant pour objectif de restaurer, conserver et valoriser les églises de Lalibela.

S.E. l’Ambassadeur de France en Éthiopie et auprès de l’Union africaine, M. Rémi Maréchaux, s’est rendu à Lalibela du 19 au 21 janvier 2021 pour participer aux célébrations de Timkat et répondre à l’invitation d’Abune Ermias et Aba Tsigesilasse Mezgebu du clergé de Lalibela, et SE Dr. Hirut Kassaw, Ministre de la Culture et du Tourisme.

Cette visite fut une opportunité pour visiter les églises, en présence de milliers de prêtres et de pèlerins en robe blanche venus à Lalibela pour le festival, et renforcer l’engagement français au projet Lalibela. La France est fière de contribuer à la préservation de ce site patrimonial unique, de valeur universelle exceptionnelle, connu pour être l’un des joyaux de l’humanité. Cette visite a également permis à l’Ambassadeur de rencontrer les principaux acteurs du projet et les représentants de la communauté locale avant le lancement des premières actions opérationnelles du projet en mars 2021.

Depuis septembre 2019, une équipe de plus de 50 experts éthiopiens et français, spécialisés dans plusieurs disciplines allant de l’architecture à l’archéologie et à l’imagerie 3D, en passant par l’histoire de l’art et la géologie, mène une étude de faisabilité approfondie permettant de définir les causes profondes de la détérioration du site et de concevoir des options durables de conservation. Les experts se sont également penchés sur la mise en valeur historique du site au travers plusieurs campagnes de fouilles archéologiques. Des parcours touristiques dédiés à l’archéologie, révélant et mettant en lumière un passé riche et singulier, permettront d’accroitre l’attractivité touristique de Lalibela.

À la demande du gouvernement éthiopien, les experts ont également effectué une analyse structurelle des quatre abris existants, érigés en 2008 par l’Union européenne, afin d’évaluer leur degré de stabilité. Ils conçoivent actuellement des propositions de protections alternatives couvrant l’ensemble du site, qui seront durables et intégrées au paysage de Lalibela. Ce volet de la phase diagnostic et conception devrait être entièrement achevé d’ici avril 2021.

Au cours de son déplacement, les experts ont expliqué à l’Ambassadeur le déclin actuel des églises de Lalibela. Les églises sont en danger en raison de l’érosion de la roche volcanique dans laquelle elles ont été façonnées il y a des siècles. Cette roche s’érode au contact de l’humidité et du sel. Les églises et leurs cours doivent toutes être protégées contre les intempéries. Un programme complet de restauration du site devra impérativement être mis en œuvre. Une campagne de restauration d’urgence, composée de 24 interventions, permettra de sécuriser les zones instables et dangereuses du site et de renouveler un système électrique obsolète susceptible d’être à l’origine d’incendies, mettant en danger les églises et les visiteurs. Cette campagne d’urgence, basée sur les conclusions préliminaires de l’étude, sera lancée en mars prochain comme première étape d’un programme de restauration plus vaste axé sur l’intégralité des églises, ainsi que sur leurs peintures et sculptures. Ces travaux de restauration sont rendus possibles grâce à l’implication et aux compétences techniques du Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS).

La délégation a également visité le Centre culturel de Lalibela avec Dr Hirut Kassaw. Ce Centre accueillera une exposition digitale itinérante sur l’histoire du site de Lalibela au cours de l’année 2021, grâce à l’équipe d’Archéovision et à l’Agence Française de Développement. Il abritera également un Centre de ressources sur le patrimoine éthiopien grâce à l’assistance technique française.

L’Ambassadeur a accueilli avec grand intérêt le lancement récent de l’Institut des études sur le patrimoine et le tourisme à Lalibela - une l’initiative du Ministère éthiopien de la Culture et du Tourisme et de l’Université de Woldiya. Le gouvernement français soutiendra cet institut dans le cadre du projet Lalibela avec la mise à disposition de 34 experts et praticiens français de premier plan pendant les trois prochaines années dans les différents domaines de la gestion et la valorisation du patrimoine historique et culturel, en étroite collaboration avec des institutions françaises renommées telles que le CNRS, l’Institut français du patrimoine et l’Ecole des Chartres.

Pour l’Ambassadeur, le projet Lalibela sera l’occasion de partager avec nos homologues éthiopiens le savoir-faire historique et de renommée mondiale de la France en matière de patrimoine et de culture. Grâce à ces nouvelles connaissances, les spécialistes éthiopiens du patrimoine pourront contribuer à l’avenir à maintenir et préserver eux-mêmes le site de Lalibela, ainsi que les nombreux sites patrimoniaux du pays. Cet institut a le potentiel pour devenir un centre d’excellence pour le patrimoine et le tourisme sur le continent africain.

La mission a été ponctuée par des échanges fructueux avec le clergé de Lalibela et les représentants de la communauté locale sur les avancées du projet Lalibela et le calendrier à venir. L’Ambassadeur a souligné la nécessité d’avoir mené cette analyse approfondie et multidisciplinaire du site comme condition préalable à un projet ambitieux et durable de conservation et de protection des églises. Les églises de Lalibela constituent un patrimoine universel à préserver par tous les moyens pour les générations futures.

A ce jour, la France a contribué à hauteur de 7,6 millions d’euros au projet Lalibela, et reste engagée à poursuivre son appui technique et financier après la finalisation du dernier volet diagnostic.

Dernière modification : 16/02/2021

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