Sommet du G20 à Cannes

Sommet des chefs d’État et de gouvernement du G20 — Cannes — 3-4 novembre 2011

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La Présidence Française du G20 et G8 : En 2011, le G20 a pour ambition d’achever les chantiers déjà engagés pour s’attaquer aux racines de la crise mais également étendre son agenda à de nouveaux chantiers pour améliorer de façon durable la stabilité et la prospérité mondiales.

L’essentiel

- La France préside la double présidence du G20 et du G8, avec un objectif clair : proposer des idées nouvelles et apporter des réponses concrètes aux nouveaux déséquilibres mondiaux.

- Nicolas Sarkozy a présenté les 6 chantiers prioritaires de la présidence française du G20 :

1) réformer le système monétaire international ;

2) renforcer la régulation financière ;

3) lutter contre la volatilité des prix des matières premières ;

4) soutenir l’emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation ;

5) lutter contre la corruption ;

6) agir pour le développement.

- La présidence française du G20 et du G8 est une présidence ouverte qui joue collectif, en associant activement nos partenaires et en consultant étroitement les pays qui ne sont pas membres du G20 ainsi que les acteurs de la société civile.

- Enfin, la France propose un G8 « nouveau » en le recentrant sur des sujets stratégiques : les nouveaux défis communs comme Internet et la croissance verte ; la paix et sécurité internationales ; le partenariat avec l’Afrique.

Le G20 : un forum utile ?

Oui ! Lancé en 1999, au niveau des ministres des Finances, pour répondre aux crises financières des années 1990 (Asie du sud-est, Russie…), le G20 est une instance de coopération et de coordination économique internationale qui regroupe les pays industrialisés (le G8) et les principaux pays émergents, soit au total 85 % de la richesse internationale et 2/3 de la population mondiale.

Depuis le début de la crise financière, le G20 s’est imposé comme le nouveau forum mondial de coopération économique :

- C’est en novembre 2008, sous l’impulsion du Président de la République, que le G20 s’est réuni pour la première fois au niveau des chefs d’État et de Gouvernement pour apporter une réponse concertée et coordonnée à la plus grave crise économique que le monde ait connue depuis celle des années 1930.

- Cette stratégie a porté ses fruits. Du sommet de Washington (novembre 2008) à celui de Séoul (novembre 2010), nous avons posé les fondations d’un nouvel ordre économique et financier mondial : encadrement des bonus, sanctions contre les paradis fiscaux, régulation des hegde funds et des agences de notation, triplement des exigences en fonds propres pour les banques… Autant de progrès considérables qui ont permis de moraliser le capitalisme financier à l’échelle internationale !

- Aujourd’hui, ce mouvement ne doit pas s’essouffler. Si le G20 veut rester légitime, il ne peut se contenter de mettre en œuvre les décisions qui ont été prises lors des précédents sommets. Il doit ouvrir de nouveaux chantiers nécessaires à la stabilité et à la prospérité du monde. C’est ce que la France a proposé à ses partenaires en fixant, pour sa présidence en 2011, un agenda ambitieux.

Quelles priorités pour la Présidence Française du G20 ?

C’est dans cet esprit que le Président de la République a présenté les 6 priorités de la présidence française le 24 janvier dernier à l’Élysée :

1. Réformer le système monétaire international  : la présidence française veut apporter des réponses collectives à la volatilité des monnaies et à la surexposition des pays émergents à des retraits brutaux de capitaux. Pour cela, nous voulons :

i) assurer une meilleure coordination des politiques économiques pour réduire les déséquilibres mondiaux et renforcer le rôle du FMI en matière de surveillance de ces déséquilibres ;

ii) adopter des règles multilatérales communes en matière de contrôle des flux de capitaux et donner au FMI un véritable pouvoir de surveillance dans ce domaine ;

iii) renforcer les outils du FMI pour soutenir les pays faisant face à une crise de liquidités ;

iv) accompagner l’internationalisation des monnaies des grands pays émergents, comme le yuan chinois, en réfléchissant à leur possible intégration dans le panier des droits de tirage spéciaux (DTS).

2. Renforcer la régulation financière : nous devons veiller à ce que les décisions prises lors des précédents sommets soient effectivement appliquées. Nous devons également prévenir l’émergence de nouveaux risques, par exemple en améliorant la protection des consommateurs de services financiers ou en régulant les marchés de matières premières.

3. Lutter contre la volatilité des prix des matières premières : l’action de la présidence française visera à mieux réguler les prix des matières premières.

4. Soutenir l’emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation  : la présidence française aura quatre objectifs prioritaires dans ce domaine : l’emploi, en particulier des jeunes et des plus vulnérables ; la consolidation d’un socle de protection sociale au niveau international, définissant des principes communs ; le respect des droits sociaux et du travail ; une meilleure cohérence des stratégies des organisations internationales.

5. Lutter contre la corruption  : il s’agira de mettre en œuvre le plan anti-corruption adopté au G20 de Séoul qui vise à assainir le climat des affaires, lutter contre l’évasion fiscale et renforcer l’Etat de droit.

6. Agir pour le développement  : la présidence française fera de l’Afrique une priorité. Nos efforts porteront en particulier sur la sécurité alimentaire et le développement des infrastructures, avec pour objectif l’adoption d’une liste de projets concrets à mettre en œuvre en priorité. La France portera également le débat sur les financements innovants, qui sont indispensables si nous voulons respecter les engagements pris par la communauté internationale dans le domaine du développement et de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous défendrons notamment la possibilité d’une taxe - infinitésimale - sur les transactions financières.

- Ces chantiers sont complexes mais ils sont essentiels et ils ne peuvent plus attendre, comme le rappelle l’actualité internationale (crainte d’une « guerre des monnaies », explosion du prix des matières premières). La France aborde sa présidence avec ambition et réalisme : nous sommes conscients que des chantiers aussi colossaux ne pourront être achevés en une seule année, mais nous sommes déterminés à ce que la présidence française soit une présidence utile, qui permette de définir des pistes de réformes concrètes et d’engager au maximum leur mise en œuvre dès le sommet de Cannes en novembre prochain.

Les chiffres

- 85 % : c’est le poids des pays du G20 dans l’économie mondiale.

- 26/27 mai 2011 : Dates du Sommet du G8 à Deauville.

- 3/4 novembre 2011 : Dates de Sommet du G20 à Cannes.

Quelle méthode pour la Présidence française ?

- La France a fait le choix d’une présidence ouverte, qui joue collectif en associant étroitement ses partenaires pour construire avec eux un consensus sur ces sujets difficiles. Au cours des dernières semaines, Nicolas Sarkozy a consacré beaucoup de temps à consulter les chefs d’État et de Gouvernement partenaires du G20 et au-delà. Le président a aussi demandé à plusieurs dirigeants du G20 de porter avec lui les priorités de la présidence française :

- La chancelière allemande Angela Merkel préside un groupe de travail sur la réforme du système monétaire international. Le président chinois Hu Jintao a accepté d’organiser un séminaire de haut niveau consacré à la question des monnaies, en mars dernier, en Chine.
- Le président russe Dimitri Medvedev a accepté de s’investir plus particulièrement sur l’ensemble des dysfonctionnements des marchés des matières premières.
- Le Premier ministre britannique David Cameron travaille sur la réforme de la gouvernance mondiale.
- La France a également souhaité associer à sa présidence les pays qui n’appartiennent pas au G20. Nicolas Sarkozy s’est ainsi rendu au sommet de la Francophonie à Montreux en octobre 2010 et à Addis Abeba (Éthiopie) au sommet de l’Union africaine le 30 janvier dernier.
- Enfin, la France a fait le choix d’associer à sa présidence du G20 et du G8 de nombreux acteurs de la société civile : ONG, experts, économistes, chercheurs, partenaires sociaux français et internationaux, entrepreneurs, personnalités reconnues avec lesquels le Président a multiplié les rencontres.

Et le G8 ?

- Le G8 et le G20 sont deux forums complémentaires. La France a proposé un G8 « nouveau » en le recentrant sur des sujets stratégiques :

- Les nouveaux défis communs, en particulier Internet et la croissance verte : c’est la première fois que des sujets liés à Internet seront abordés par les chefs d’État et de Gouvernement. La France a organisé, à la veille du sommet de Deauville, un Forum avec les principaux opérateurs de l’économie numérique des pays du G8.

- La paix et la sécurité internationales  : au-delà des affaires politiques (Iran, Proche-Orient, Afghanistan Pakistan, non-prolifération…), la présidence française a mis l’accent tout particulièrement sur le renforcement de la coopération internationale pour faire face aux nouvelles routes du trafic de drogue entre les pays de l’Amérique latine, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe, ainsi que la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel.

- Le partenariat avec l’Afrique : la présidence française souhaite renouveler et renforcer le partenariat autour de l’idée de responsabilité partagée. Le G8 a fait le point sur les engagements pris en matière de développement dans les domaines de la santé et de la sécurité alimentaire, pendant que les partenaires africains, ont, de leur côté, présenté le bilan de ses réalisations et des freins à son développement. L’objectif est d’améliorer l’efficacité de l’aide.

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L’UA au G20
Jean Ping au sommet de Cannes (JPEG - 17.8 ko)

Pour en savoir plus : le site internet de la Présidence Française du G8/G20

Dernière modification : 08/11/2011

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