Historique de la coopération éthio-française

La coopération éthio-française jouit d’une histoire riche et profonde. Dès 1907, avec la création de l’alliance éthio-française d’Addis-Abeba et ensuite de celle de Dire Dawa, ainsi qu’avec les débuts du chemin de fer franco-éthiopien en 1945, des liens de coopération n’ont cessé d’être tissés entre l’Éthiopie et la France. Ces liens se sont renforcés en 1947 avec la création du lycée franco-éthiopien Guébré Mariam (LGM). La coopération entre la France et l’Éthiopie a connu une remarquable expansion entre le début des années 1960 et la fin du règne de l’Empereur Hailé Sélassié, en 1974. Sur le plan de l’éducation, ces années ont été marquées par la construction des nouveaux locaux du LGM et le lancement d’un ambitieux programme d’enseignement du français dans le secondaire. Dans ce cadre, une école de formation des maîtres ainsi qu’une École supérieure d’aménagement urbain (ESAU) ont été créées à Addis-Abeba. La coopération dans le domaine juridique a permis la rédaction du Code civil en 1960 grâce au concours du Pr. René David.

Sous le régime communiste du Derg, de 1974 à 1991, la coopération éthio-française a été considérablement ralentie. Elle connaîtra un renouveau à partir de 1993 avec l’ouverture d’un bureau de l’Agence française de développement (AFD) et la signature d’un accord-cadre portant sur l’aide alimentaire. L’entrée de l’Éthiopie dans la Zone de solidarité prioritaire (ZSP) en 2000 a permis de développer de manière très significative la relation bilatérale grâce à l’utilisation du Fonds de solidarité prioritaire (FSP).

Aujourd’hui, la relation bilatérale éthio-française repose sur les principes suivants :

- Prendre en compte les priorités définies par les autorités éthiopiennes, notamment dans le cadre du Plan de croissance et de transformation (Growth and Transformation Plan)
- Harmoniser son action avec celle des autres bailleurs pour une meilleure complémentarité ;
- Rechercher la valeur ajoutée : en visant, par des programmes pilotes, l’amélioration des politiques dans des secteurs clés tels que l’éducation, la justice, l’eau et le développement urbain, l’énergie et en mettant en œuvre une action complémentaire de celle de nos partenaires ainsi que des principaux bailleurs multilatéraux : Union européenne, Banque mondiale et Nations unies ;
- Privilégier les actions structurantes susceptibles de créer des marchés ou des normes conformes à l’approche française du développement durable, de la gouvernance et des rôles respectifs des secteurs public et privé ;
- Valoriser la situation d’Addis-Abeba en tant que haut lieu de la francophonie, siège de l’Union africaine (UA) et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA/NU) ;
- Renforcer la société civile : il s’agit de privilégier l’assistance aux Organisations non gouvernementales (ONG) locales, notamment par le biais d’un partenariat avec des ONG françaises, et la collaboration avec les organisations du secteur privé ou coopératif qui participent au débat sur les politiques économiques ainsi que sur la bonne gouvernance ;
- Prendre en compte la dimension régionale, notamment dans la gestion des ressources et l’organisation des marchés ;
- Soutenir la coopération décentralisée : comme le montre le succès de la coopération entre Addis-Abeba et le Grand Lyon, Harar et Charleville-Mézières, Debre-Berhan et Le Blanc-Mesnil, Dire Dawa et Villeurbanne ou encore entre Gondar et Vincennes.

Dernière modification : 10/09/2014

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