France et Ethiopie veulent tarifier le carbone [en]

Le Président de la République François Hollande et le Premier ministre de l’Éthiopie Haïlé Mariam Dessalegn ont appelé les pays et les entreprises du monde entier à donner un prix au carbone, dans un communiqué du comité pour la tarification du carbone.

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Ce comité a été réuni par le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, afin de redoubler d’efforts avant la Conférence Paris Climat 2015. Il rassemble des chefs d’État et des dirigeants de villes très engagées dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

Ces dirigeants appellent leurs pairs à se joindre au mouvement en faveur d’une tarification des émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique. De nombreuses entreprises privées sont favorables à cette initiative. Ce soutien se concrétisera dans une plateforme d’action, la coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone, qui sera lancée lors de l’ouverture de la Conférence Paris Climat, le 30 novembre 2015.

Dans le monde, près de 40 pays et 23 villes, États ou régions ont introduit une tarification du carbone, à travers des programmes et des mécanismes couvrant environ 12 % du total mondial des émissions de gaz à effets de serre.


Déclaration du Président de la République française, François Hollande

« Si nous voulons véritablement envoyer des signaux aux marchés pour que les entreprises puissent prendre leurs décisions en fonction d’un optimum économique, qui peut être un optimum écologique, la question du prix du carbone est forcément posée parce que c’est le signe le plus tangible que l’on peut adresser à l’ensemble des acteurs économiques. Je n’ignore pas les craintes que suscite cette fixation du prix du carbone, notamment du côté des industries les plus intensives et qui s’inquiètent à juste raison sur leur compétitivité. Alors nous devons être volontaires. Des pays, des grands pays comme la Chine introduisent déjà le prix du carbone. L’Europe a également décidé d’organiser un marché du carbone. [..] Cela veut dire qu’on va, en Europe, avoir un marché du carbone qui pourra avoir des conséquences sur les décisions d’investissement. »

Déclaration du Premier ministre de l’Éthiopie, Haïlé Mariam Dessalegn

« Comme de nombreuses nations, l’Éthiopie a tout à gagner d’une action rapide contre le changement climatique. Et beaucoup à perdre si nous ne parvenons pas, collectivement, à nous mobiliser. Nous sommes en train de développer un portefeuille diversifié de ressources renouvelables et engrangeons les fruits de programmes à grande échelle visant à réhabiliter le paysage au service d’une meilleure productivité agricole, d’une résilience accrue et du piégeage du carbone. Nous avons aussi prouvé au monde que les fonds carbone peuvent servir à réduire les émissions en régénérant le couvert forestier et en améliorant le quotidien et les niveaux de vie des populations. La tarification du carbone peut devenir un scénario gagnant-gagnant pour la planète entière et pas seulement pour l’Éthiopie, à condition qu’elle se fasse de manière concertée sans incidence excessive sur les pauvres ».

Lire l’intégralité du communiqué de presse

Dernière modification : 14/11/2015

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